La légende rapporte que Madagascar serait l’empreinte du pied gauche d’Adam, l’archipel des Comores et l’île de Nosy Be les marques de ses orteils. Terres siamoises entre dérive tectonique et violences volcaniques, les îles des Comores sont autant de criques secrètes des pleines lunes enchanteresses, que les marins jadis, tombés sous le charme, se trompaient de trajectoire, de cap, et même de rivage. De cette époque, l’appellation de Qomr utilisée par les navigateurs arabes, découle le nom Qamar ou Qomor désignant à l’origine Madagascar.

Situé au large du Sud-Est du continent africain, l’archipel comorien, comprend en 2020 environ 1 150 000 habitants dont près de 870 000 sur les trois îles indépendantes (Ngazidja, Mwali et Ndzuani) et plus de 270 000 sur l’île française de Mayotte. Il est constitué de quatre îles : Grande Comore, Mohéli, Anjouan et Mayotte (française).

Les Comores profitent d’un climat tropical maritime avec deux saisons : la saison fraîche et sèche s’étale de mai à octobre, et la saison chaude et pluvieuse court de novembre à avril, avec une température variant entre 15° et 33°. L’archipel n’est pas exposé aux cyclones qui ravagent régulièrement l’île voisine de Madagascar.

Aujourd’hui, l’archipel n’est plus synonyme d’éden vanté par les navigateurs et aventuriers européens (V. de Gama et A. de Alburquerque, H. de Monfreid et J. Kessel). Seules les roussettes de Livingstone, les fragrances des ylang-ylang et les boutres échoués du port de Moroni sont témoins du passé fantasmé des îles parfumées.

Depuis l’indépendance en 1975, l’histoire du pays est émaillée par la trentaine de coups d’État ou d’actions de déstabilisation et l’interminable contentieux mahorais. Ces événements participent lourdement à la détérioration des conditions de vie des Comoriens, en particulier des Anjouanais. Au plan économique, les Comores peinent à atteindre une croissance économique aux standards d’Afrique subsaharienne et ce, en raison de son isolement géographique, l’étroitesse du marché intérieur, l’absence de ressources naturelles et la faiblesse de ses infrastructures qui sont autant d’obstacles au développement, où 46 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. A Anjouan, la plus défavorisée, cette proportion atteint 70 %.

Un contexte sociopolitique complexe situé à quelques encablures des côtes françaises via l’île d’Anjouan, point de départ d’un trafic quasi quotidien de nombreux clandestins rejoignant le département ultramarin français de Mayotte à bord d’embarcations de fortune (kwasa-kwasa). Une traversés rendue périlleuse, voire mortelle, à cause des récifs, de la forte houle et le sordide des conditions matérielles des traversées.

Á cette situation tragique insoluble, s’ajoute la condition alarmante des jeunes enfants. En effet, un enfant sur deux souffre de malnutrition chronique et 44 % des moins de cinq ans présentent un retard de croissance. Seul un tiers des enfants anjouanais fréquente régulièrement l’école primaire. Le taux de fréquentation de l’école primaire aux Comores est de 31 % et le nombre d’années passées à l’école et au collège n’est qu’en moyenne de sept ans.

Néanmoins, des progrès sont ont été enregistrés en matière d’éducation universelle (enseignement primaire gratuit, enseignements proches des standards africains et de suivi jusqu’à son terme), d’égalité des sexes, d’autonomisation effective des femmes et de réduction de la mortalité infantile variant d’une île à l’autre.